À Ceux qui Cherchent le Royaume de Dieu rien ne manque – les Divers (Partie VII)

Message no 36

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«À Ceux qui Cherchent le Royaume de Dieu ien ne manque » – les Divers  (Partie VII)

I. Le Titre

Le titre de Saint Augustin que j’aborde dans ce numéro reflète l’idée que ceux qui se tournent vers Dieu et cherchent activement son royaume ne manqueront de rien. Cette affirmation peut être comparée au Psaume 23:1 qui proclame: « L’Éternel est mon Berger, je ne manquerai de rien. » Ces deux déclarations partagent la conviction fondamentale que la confiance en Dieu et la recherche de sa volonté et de son royaume conduisent à une abondance de bienfaits et de provisions divines. Cependant, cela ne signifie pas nécessairement que la vie sera exempte de difficultés ou de défis. Comme le souligne également Jésus dans Matthieu 6:34, chaque jour peut apporter son lot de luttes et de peines. Ainsi, par exemple, l’expression « à chaque jour suffit sa peine » ne contredit rien dans ce message. Il met tout simplement en lumière la réalité que la vie est faite de hauts et de bas, mais que la confiance en Dieu reste constante comme source de force et de réconfort.

Le Psaume 37:4 nous enseigne : « Fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire. » Ce verset magnifique évoque l’idée profonde que lorsque nous trouvons notre joie et notre satisfaction en Dieu, il comble nos désirs les plus intimes. Cependant, il est souvent mal interprété par ceux qui se focalisent uniquement sur la seconde partie : « il te donnera ce que ton cœur désire », en négligeant l’injonction initiale de ‘faire de l’Éternel nos délices ». Pour saisir pleinement le sens de ce verset, il est crucial de le comprendre dans son intégralité. La première partie, « Fais de l’Éternel tes délices », insiste sur l’importance de trouver notre bonheur et notre satisfaction en Dieu, plutôt que dans les désirs mondains ou les possessions matérielles. Cela demande un abandon de soi et une recherche fervente de la présence divine dans notre vie. La seconde partie, « et il te donnera ce que ton cœur désire », ne doit pas être interprétée comme une promesse de satisfaire tous nos caprices ou désirs égoïstes. En réalité, lorsque notre cœur s’aligne avec la volonté de Dieu et que nous trouvons notre bonheur en lui, nos désirs deviennent naturellement conformes à sa volonté.

Le titre de Saint Augustin, « À ceux qui cherchent le Royaume de Dieu, rien ne manque », semble indiquer que ceux qui accordent la première place à Dieu dans leur vie et recherchent son Royaume n’auront besoin de rien de plus grand. C’est un peu comme quelqu’un qui, après avoir bu de l’eau pure, n’a plus envie de boire de l’eau impure, ou comme celui qui, après avoir apprécié un excellent repas, n’a plus envie de se contenter de légumes amers, à moins d’être très affamé ou assoiffé.

 II. CHAPITRE XVII. A CEUX QUI CHERCHENT LE ROYAUME DE DIEU RIEN NE MANQUE.

56. En effet quand nous cherchons premièrement le royaume de Dieu et sa justice, c’est-à-dire quand nous les mettons au dessus de tout le reste au point de ne chercher dans tout le reste qu’un moyen de les obtenir, alors nous ne devons pas craindre de manquer de ce qui est nécessaire en cette vie pour parvenir au royaume de Dieu. Car plus haut le Seigneur a dit : «Votre Père sait que vous en avez besoin. » Aussi, après avoir dit : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, » il n’ajoute point : cherchez ensuite ces choses ; bien qu’elles soient nécessaires ; mais il dit : «Et toutes ces choses vous seront données par surcroît, » c’est-à-dire vous arriveront, si vous les cherchez sans ,vous en mettre en peine ; pourvu qu’en les cherchant, vous ne vous détourniez point du but ; que vous ne vous proposiez point deux fins, d’abord le royaume de Dieu pour lui-même et ensuite ces choses nécessaires, mais que vous cherchiez celles-ci en vue de celui-là : dans ce cas, elles ne vous feront point défaut. La raison en est que vous ne pouvez servir deux maîtres. Or c’est servir deux maîtres que de chercher le royaume de Dieu comme un grand bien, puis ces objets temporels. On ne peut avoir l’oeil simple, ni servir Dieu comme seul maître, si on ne rapporte tout le reste, même le nécessaire, à ce but unique, c’est-à-dire au royaume de Dieu. Mais comme tout soldat reçoit une ration et une solde, ainsi tous ceux qui évangélisent reçoivent la nourriture et le vêtement. Seulement tous les soldats ne se battent pas pour le salut de la république ; il en est qui ont en vue leur salaire. Ainsi tous les ministres de Dieu ne se proposent par le salut de l’Eglise : il en est qui cherchent les avantages temporels, comme qui dirait leur ration et leur solde ; ou même se proposent les deux buts à la fois. Mais on l’a dit plus haut : « Vous ne pouvez pas servir deux maîtres. » Nous devons donc faire du bien à tous avec un coeur simple, seulement en vue du royaume de Dieu, et non pour nous procurer des avantages temporels soit uniquement, soit conjointement avec le royaume de Dieu : avantages que le Seigneur renferme sous le nom de lendemain, quand il nous dit : « Ne soyez point inquiets du lendemain. » Car ce mot n’a d’application que dans le temps, où l’avenir succède au passé. Par conséquent, quand nous faisons quelque chose de bien; ne songeons point aux choses du temps, mais à celles de l’éternité ; alors l’oeuvre sera bonne et parfaite. « En effet, continue le Seigneur, le jour de demain sera inquiet pour lui-même ; » c’est-à-dire prenez votre nourriture, votre boisson, votre vêtement quand il faudra, quand la nécessité s’en fera sentir. Car tout se trouvera là, puisque notre Père sait que nous en avons besoin. « A chaque jour, dit le Seigneur, suffit son mal ; » c’est-à-dire il suffit que la nécessité vous force à user de ces choses. Quant au mot de mal, je pense qu’il a été ‘choisi pour nous indiquer que c’est une punition pour nous, puisque c’est le résultat de la fragilité et de la mortalité que nous nous sommes attirées par le péché (1). N’aggravez donc pas encore le poids de ce châtiment ; en ne vous contentant pas de subir des besoins temporels, mais en cherchant dans le service de Dieu les moyens d’y satisfaire.

57.Cependant il faut bien prendre garde ici d’accuser de désobéissance au divin précepte et d’inquiétude pour le lendemain, un serviteur de Dieu que nous voyons attentif à se pourvoir des choses nécessaires, ou pour lui ou pour ceux dont le soin lui est confié. Car le Seigneur lui-même, servi par les anges (2), a daigné, pour l’exemple, pour que personne ne se scandalise de voir un de ses serviteurs se procurer les choses nécessaires, a daigné, dis-je, avoir une bourse avec de l’argent, pour fournir aux besoins de la vie; bourse dont Judas, qui le trahit, fut tout à la fois le gardien et le voleur, comme cela est écrit (3). Et l’Apôtre Paul aussi pourrait passer pour avoir eu souci du lendemain, lui qui écrit : « Quant aux aumônes que l’on recueille pour les saints, faites, vous aussi, comme je l’ai réglé pour les églises de Galatie. Qu’au premier jour de la semaine, chacun de vous mette à part chez lui et serre ce qui lui plaira, afin que ce ne soit pas quand je viendrai que les collectes se fassent. Lorsque je serai présent, j’enverrai ceux que vous aurez désignés par vos lettres, porter vos charités à Jérusalem. Que si la chose mérite que j’y aille moi-même, ils viendront avec moi. Or je viendrai chez vous lorsque j’aurai traversé la Macédoine; car je passerai par la Macédoine. Peut-être m’arrêterai-je chez vous et y passerai-je même l’hiver, afin que vous me conduisiez partout ou j’irai. Car ce n’est pas seulement en passant que je veux vous voir cette fois; j’espère demeurer quelque temps avec vous, si le Seigneur le permet. Je demeurerai à Ephèse jusqu’à la Pentecôte (4). » Nous lisons également dans les Actes des Apôtres qu’on s’était procuré des vivres dans l’attente d’une famine prochaine. « Or, en ces jours-là, des prophètes vinrent de Jérusalem à Antioche, et il y eut une grande joie. Et quand nous fûmes assemblés, l’un d’eux, nommé Agabus, se levant, annonçait, par l’Esprit-Saint, qu’il y aurait une grande famine dans tout l’univers; laquelle, en effet, arriva sous Claude César. Et les disciples résolurent d’envoyer, chacun suivant ce qu’il possédait, des aumônes aux frères qui habitaient dans la Judée.

1 Rét. L. I, ch. XIX. n. 6. — 2 Matt. IV, 16. —  3 Jean, XII, 6. — 4 I Cor. XVI, 1-8.

Ce qu’ils firent en effet, les envoyant aux anciens par les mains de Barnabé et de Saul (1). » Or, lorsque Paul se mit en mer, les provisions qu’on lui offrit paraissent avoir été bien au de là du besoin d’un seul jour (2). Quant à ce passage d’une de ses épîtres : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il s’occupe en travaillant de ses mains à ce qui est bon, pour avoir de quoi donner à qui est dans le besoin (3); » ceux qui le comprennent mal croient y voir une contradiction avec le précepte du Seigneur : « Regardez les oiseaux du ciel; ils ne sèment ni ne moissonnent ni n’amassent dans des greniers, » et encore : « Voyez les lis des champs, comme ils croissent; ils ne travaillent ni ne filent; »tandis que l’Apôtre veut qu’on travaille de ses mains pour avoir de quoi donner aux autres. Et lorsque, parlant de lui-même, il dit qu’il a travaillé de ses mains pour n’être à charge à personne (4) ; et qu’on écrit de lui qu’il s’était joint à Aquila pour travailler avec lui et gagner sa vie (5), il ne semble pas qu’il ait imité les oiseaux du ciel ni les lis des champs. Mais par ces passages des Ecritures et beaucoup d’autres du même genre on voit assez que Notre Seigneur ne désapprouve pas celui qui se procure ces ressources par des moyens humains; mais seulement le ministre de Dieu qui travaille en vue d’obtenir des avantages temporels et non le royaume de Dieu.

58.Donc tout le commandement se réduit à cette règle : Qu’on s’occupe du royaume de Dieu même en se pourvoyant des choses matérielles, et qu’on ne songe point aux choses matérielles lorsqu’on combat pour le royaume de Dieu. Par là, quand même ces ressources nous feraient défaut, ce que Dieu permet souvent pour nous exercer, non-seulement notre résolution n’en serait point ébranlée, mais elle n’en serait qu’éprouvée et affermie. « Car, dit l’Apôtre, nous nous glorifions dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience ; la patience, la pureté ; et la pureté l’espérance. Or l’espérance ne confond point, parce que la charité est répandue en nos coeurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné (6). »

1 Act. XI, 27-30. — 2 Ib. XXVIII, 10. — 3 Eph. IV, 25. — 4 I Thess. II. 9 ; II Thes. III, 8. —  5 Act. XVIII, 2, 3. —  6 Rom. V, 3-5.

Or, parmi les tribulations et les souffrances qu’il passe en revue, Paul ne mentionne pas seulement les prisons, les naufrages et les autres épreuves de ce genre, mais aussi la faim et la soif, le froid et la nudité (1). Ne nous figurons pas toutefois en lisant cela, que le Seigneur ait manqué à ses promesses, parce que, en cherchant le royaume de Dieu et sa justice, l’Apôtre a souffert la faim, la soif et la nudité, bien qu’on nous ait dit : « Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. » Le médecin à qui nous nous sommes confiés sans réserve, de qui nous tenons les promesses de la vie présente et de la vie future, sait quand il doit, dans notre intérêt, nous accorder ou nous retirer ces ressources, lui qui nous gouverne et nous dirige en cette vie à travers les consolations et les épreuves, pour nous établir solidement ensuite dans le repos éternel. Et l’homme lui-même, en retirant souvent la nourriture à sa bête de charge, ne la néglige pas pour autant, mais travaille à lui rendre la santé.

1 II Cor. XI, 23-27. — 2 I Cor. V, 12.

III. COMMENTAIRES

1.La phrase « Or c’est servir deux maîtres que de chercher le royaume de Dieu comme un grand bien, puis ces objets temporels » peut prêter à confusion. En revanche, l’autre formulation, « Chercher à la fois le royaume de Dieu comme un grand bien et les biens matériels, c’est comme vouloir servir deux maîtres », clarifie cette idée. Elle souligne qu’il est impossible de servir pleinement Dieu tout en recherchant également les biens matériels, car cela revient à diviser notre allégeance. Cette idée exprime la nécessité de placer la recherche du royaume de Dieu au-dessus de tout, y compris des biens matériels. En effet, notre vie spirituelle et notre engagement envers le royaume de Dieu doivent être la priorité absolue, guidant toutes nos actions et décisions.

2.La citation « À chaque jour, dit le Seigneur, suffit son mal », tirée du Livre de Matthieu, chapitre 6, verset 34, résonne profondément de sens. Elle nous exhorte à vivre dans une confiance totale en Dieu, sans céder à l’inquiétude concernant l’avenir. En effet, chaque jour apporte son lot de défis et d’épreuves, mais le lendemain se prendra en charge de lui-même. Cette parole nous rappelle que Dieu veille sur nos besoins quotidiens, nous invitant ainsi à nous concentrer sur notre relation avec lui plutôt que de nous laisser submerger par les soucis matériels. Le terme « mal » dans ce contexte désigne les difficultés et les épreuves de la vie terrestre, et non un mal moral ou spirituel. En résumé, cette citation renferme un précieux principe du Royaume de Dieu, nous encourageant à trouver un équilibre entre la satisfaction de nos besoins matériels et la cultivation d’une relation profonde avec Dieu, quelles que soient les difficultés rencontrées chaque jour.

3.Le point 57 de ce texte met en lumière quatre points essentiels : a) Il est crucial de ne pas juger ceux qui s’efforcent d’assurer les nécessités de la vie, que ce soit pour eux-mêmes ou pour leurs proches, en les accusant de désobéir aux préceptes divins ou de s’inquiéter excessivement de l’avenir. b) Le Seigneur lui-même, bien qu’assisté par les anges, a accepté d’avoir une bourse avec de l’argent, montrant ainsi qu’il est acceptable pour ses serviteurs de pourvoir à leurs besoins essentiels sans scrupules. Le passage de Matthieu 4:11 où les anges servent Jésus reste ambigu quant à la manière dont ils l’ont fait. Certains interprètes suggèrent qu’il s’agit plutôt d’un réconfort apporté à Jésus pour qu’il se sente pris en charge par Dieu le Père et fortifié contre Satan. c) Une allusion à Judas met en garde contre la tentation pour ceux qui gèrent les biens matériels, soulignant ainsi le danger de l’attachement excessif aux richesses matérielles. d) L’Apôtre Paul est également mentionné pour montrer qu’il est approprié de planifier et d’organiser la collecte de dons poursubvenir aux besoins des saints, tout en évitant l’anxiété excessive pour l’avenir. En résumé, ce passage encourage à prendre soin de nos besoins matériels de manière responsable tout en conservant notre confiance en Dieu et en évitant de devenir excessivement attachés aux biens terrestres.

4.Les références bibliques citées dans les notes de bas de page 1 à 5 illustrent que Jésus ne désapprouve pas en soi le fait pour quelqu’un de se procurer des ressources matérielles par des moyens humains ordinaires. Cependant, ce qui est désapprouvé, c’est lorsque ceux qui sont ministres de Dieu travaillent principalement pour obtenir des avantages matériels temporaires plutôt que de se consacrer au service du royaume de Dieu. En d’autres termes, l’acquisition de biens matériels n’est pas condamnée en soi, mais elle devient problématique lorsque cela devient la principale préoccupation au détriment du service spirituel et de l’accomplissement de la volonté de Dieu.

 Le 26 mai 2024

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Questions

  1. Quel lien pouvons-nous établir entre chercher le royaume de Dieu et la suffisance dans cette vie ? Comment cela se rapporte-t-il au Psaume 23:1 et à Matthieu 6:34 ?
  2. Que signifie « faire de l’Éternel nos délices » selon le Psaume 37:4, et comment cela affecte-t-il nos désirs et notre relation avec Dieu ?
  3. Quelle différence y a-t-il entre chercher les biens matériels pour le bien du royaume de Dieu et les chercher pour son propre compte ?

N’oubliez jamais de répondre à la question ‘Qu’est-ce que le Royaume de Dieu?’ Le Royaume de Dieu est un ordre des choses dans lequel la volonté de Dieu est suprême. Jésus- Christ est venu rendre possible et réel le règne de Dieu dans votre coeur si vous décidez de L’accepter et Le suivre

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